Portrait

Gabrielle Le Bayon — Between Bridges / Entre les mondes

Between Bridges

In her video “Stay in Touch” this reflection materializes, for example, in a search for a visual of the desire. This can be traced from scenes of embalming in ancient Egypt – where the body is prepared for the longest and most mystical journey – to the most emblematic modern constructions. A desire that takes shape in stone and connects our present to the time of the earliest times, when human social life took on a materially traceable form, to the desire felt even in death and the promises it could or can still carry.

“Image of A City” (2011)

“What is left behind is not what is engraved in stone monuments, but what has been woven over time into the lives of other people.” Gabrielle Le Bayon emphasizes, through anachronistic and analogous connections, the questions, movements and more specifically the return of certain forms inherent in human histories.

Jacques Rancière, a contemporary French philosopher, stated in “Le partage du sensible” about the relationship between aesthetics and politics: “The arts never lend to the companies of domination or emancipation what they can lend them, is quite simply what they have in common with them: positions and movements of the bodies, functions of speech, distributions of the visible and the invisible.”

In the video “Le regard d’Athena”, Gabrielle Le Bayon looks for traces of these positions and the movements of the bodies of the Greek goddess, rooted in the city that bears her name. Not the traces of her glorious cult, the temples that were built for her, the statues that were worshipped by her; but the survival of her features, of her memory, a movement common to other figures who would incarnate in other female faces, filmed in the street. “Every path is a quest with similarities: the slightest analogies are solicited as sleepy signs that must be awakened so that they start talking again”, Foucault explains again in “Les mots et les choses”. Thus, Gabrielle Le Bayon is working in her own way to awaken these signs, creating the illusion, in the manner of an archaeologist, that past and present are surreptitiously united in a single time.

Gabrielle Le Bayon

Entre les Mondes

Dans ses travaux Gabrielle Le Bayon vogue librement de l’histoire – notamment antique – aux signes de sa persistance dans le présent, et se penche plus particulièrement sur certains traits associés au féminin. Par le biais de l’image, de la photographie, de la vidéo, du son et plus récemment de la performance, elle propose une réflexion large sur le désir, «comme outil qui détourne l’existant pour produire un court-circuit à l’échelle des signes ».

Dans sa vidéo «Stay in Touch», cette réflexion se matérialise par exemple en une recherche sur un visuel du désir que l’on peut retracer, des scènes d’embaumement de l’Égypte ancienne – où le corps est préparé au plus long et mystique des voyages – aux constructions modernes les plus emblématiques. Un désir qui prend forme dans la pierre, et qui connecte notre présent à l’époque des premiers temps où la vie sociale humaine a pris une forme matériellement traçable, jusqu’au désir éprouvé jusque dans la mort et les promesses qu’elle a pu ou peut encore porter.

«Ce qu’on laisse dernière nous, ce n’est pas ce qui est gravé dans les monuments de pierres, mais ce qui s’est tissé au fil du temps dans la vie d’autres gens.» Gabrielle Le Bayon souligne, par des rapprochements anachroniques et par analogies, les questionnements, les mouvements et plus spécifiquement la revenance de certaines formes inhérentes aux histoires des hommes.

“Inner Skin 1” (2019)

Jacques Rancière, philosophe français contemporain, déclare dans “Le partage du sensible” au sujet des rapports entre esthétique et politique: «Les arts ne prêtent jamais aux entreprises de la domination ou de l’émancipation que ce qu’ils peuvent leur prêter, soit, tout simplement, ce qu’ils ont de commun avec elles: des positions et des mouvements des corps, des fonctions de la parole, des répartitions du visible et de l’invisible.»

Dans la vidéo “Le regard d’Athena”, Gabrielle Le Bayon cherche les traces de ces positions et des mouvements des corps de la déesse grecque enracinées dans la ville qui porte son nom. Pas les traces de son glorieux culte, des temples qu’on lui aurait construit, des statues que l’on adorait d’elle ; mais la survivance de ses traits, de son souvenir, un mouvement commun à d’autres figures qui s’incarneraient dans d’autres visages féminins, filmés dans la rue. «Tout chemin est une quête aux similitudes: les moindres analogies sont sollicitées comme des signes assoupis qu’on doit réveiller pour qu’ils se mettent de nouveau à parler», explique encore Foucault dans “Les mots et les choses”. Ainsi, Gabrielle Le Bayon s’attelle à sa façon à réveiller ces signes, créant l’illusion, à la manière d’une archéologue, que passé et présent sont furtivement réunis en un seul temps.

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